L'ENVERS DE LA MÉDAILLE!
avec Daniel Lequin

mardi 01 août 2017

La nouvelle coqueluche de la course à pied au Québec !
Ding ! Dong !



Simon-Olivier Fecteau m’ouvre la porte de son domicile à Montréal et me regarde, l’air interrogatif. Je l’imagine réfléchir dans sa tête et se demander qui je suis. Pourtant, nous avions fixé un rendez-vous quelques jours auparavant.

Je dois me présenter. Il réagit. « Oui, excuse-moi. J’écrivais avant que tu arrives et je crois forcément que je n’étais pas sorti de mes pensées ».

Je me retrouve chez-lui car celui qui a participé à la rédaction du dernier Bye Bye vient de découvrir les bienfaits de la course à pied. Son court résumé de ses sensations vécues à la suite de son premier dix kilomètres et publié sur les réseaux sociaux a causé un effet des plus positifs auprès de ses nombreux admirateurs. Plus de 30,000 personnes ont réagi ! On parle de la nouvelle coqueluche du monde de la course à pied.

Dans son texte publié à la mi-juillet, il raconte son inactivité suite à la réalisation du Bye Bye, une profonde inertie où après quelques mois, il lui fallait repartir la machine physiquement et mentalement. « Je me sentais comme un prisonnier dans son cachot ou une personne âgée que l’on dépose dans un CHSLD », explique-t-il, attablé dans sa cuisine.

Il a écrit : « Je broyais du noir, mon corps était devenu amorphe, j’étais une patate vivante ». D’ailleurs, suite à la publication de ce texte, plusieurs ont cru qu’il faisait une dépression ce qui est loin d’être la situation.

Début de la trentaine, Simon-Olivier a momentanément goûté à ce sport mais l’entraînement en gymnase est venu combler ses attentes dans les quatre années suivantes. « Dans la vie, je bouge, je suis un gars positif. Quand j’ai pris la décision de reprendre la course à pied, je me suis dit que je voulais la pratiquer pour le simple plaisir et non dans le but de courir un marathon. »



Malgré ses nombreuses préoccupations, il prendra vingt minutes par jour pour courir au moins trois kilomètres. Le tout sera suivi d’une série de pompes. « L’idée est d’activer mon corps et ça change toute ma perspective de la vie. Je ne me fixe aucun objectif, J’ai passé l’âge de devenir un athlète olympique. D’ailleurs, je l’ai compris à 14 ans », exprime-t-il à la blague.

La longévité dans cette discipline en évitant les blessures arrivera à le combler. « Je comprends que cette méthode n’est pas populaire, que sur les réseaux sociaux, les gens recherchent les exploits. Je n’ai rien contre viser les extrêmes mais je ne veux pas transformer mon mode de vie pour courir un marathon, tu comprends ».

Graduellement, il découvre les rudiments. Il vient de corriger sa façon de déposer son pied qui s’avère maintenant beaucoup plus confortable. « Pas question que je me mette de la pression et que ça devienne une obligation. Si lors d’une journée, je ne dispose pas de temps et que je n’ai pas le goût, je remettrai le tout au lendemain. »

Que dire maintenant de l’impact que sa décision a obtenu, particulièrement chez les jeunes. « Quand j’ai décidé de donner des nouvelles à ce sujet, je voulais me fournir une petite pression, dans le sens où je ne pouvais plus abandonner aux yeux des gens. Toutefois, je ne croyais jamais que la réaction allait être aussi grande. Plusieurs personnes m’ont confié que ma décision avait déclenché leur intérêt et qu’elles s’étaient mises à courir. Tant mieux car on se retrouvera avec beaucoup moins de gens dans les hôpitaux ! »

Le marathon un jour ? « À mes yeux, c’est contre nature. Cet effort surhumain blesse inévitablement notre corps et le tout va à l’encontre de ma perception. Je pense que ce n’est pas la meilleure option pour obtenir une bonne condition physique. »

À 41 ans, lorsqu’il se fait dépasser par un plus vieux lors de ses entraînements sur le Mont Royal, il se résigne. « Je suis moins orgueilleux. Je reviens vite dans ma zone de confort. Je dispose d’une meilleure endurance mentale. La constance, j’ai pleinement confiance de la conserver. Cet aspect me permettra de progresser. Pas question de drainer toutes mes énergies pour provoquer un arrêt parce que j’éprouve de la difficulté à retrouver toutes mes énergies. Dorénavant, la course à pied me donnera l’opportunité de mieux traverser mes journées dans l’écriture. »

Simon-Olivier se compte privilégié de pouvoir bénéficier de ses deux parents. Son père, 90 ans, constitue une force de la nature. « Il est anormalement en bonne condition physique. C’est un artiste-peintre. Il ne cesse de travailler sur son domaine qu’il améliore à chaque année. Il mange et dort bien et n’est pas menacé par le stress. Voilà un mode de vie qui m’oriente et qui m’inspire. »

Conscient que le jeu de l’équilibre n’est pas le plus reconnu dans la vie, pas question pour lui de déroger. « Mon corps m’a envoyé des signaux et je les ai captés. Mon moral était devenu tellement bas que j’ignore ce qu’aurait pu devenir la suite sans cette prise de conscience. Cette fois-ci, je désire continuer longtemps à courir pour profiter amplement de la qualité physique et morale que cet exercice suscite. »

Le monde de la course à pied a besoin de porte-parole comme Simon-Olivier Fecteau qui, par sa démarche, vient de donner au suivant via une force silencieuse.

 

Daniel Lequin
danielmedaille@hotmail.com

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