lundi 29 septembre 2008
Âgé de 11 ans, il devient vice-champion en karting à la Coupe Véga
La passion de Marc-Antoine Cardin pour le pilotage automobile le
mènera loin !
Hélène Goulet
Collaboration spéciale
Pour Noël, du haut
de ses 7 ans, Marc-Antoine Cardin a demandé à son père de lui acheter un kart pour faire
de la course automobile.
Cet enfant blond aux yeux bleus et à l’allure réservée, qui a aujourd’hui 11 ans, avait
découvert le monde fascinant de la course automobile alors qu’il suivait son père,
lui-même un adepte du karting.
Malgré son jeune âge, Marc-Antoine Cardin a tout de suite eu la passion de la course
automobile : « La vitesse me fait tripper », a-t-il
simplement avoué lors d’une entrevue qu’il a donnée en exclusivité pour le Sorel-Tracy
Magazine et à laquelle assistaient ses parents, Marc Cardin et Maryse Lavallée. Son
père, par ailleurs, n’a pas été surpris de cette curieuse demande de cadeau de Noël,
mais plutôt content, a-t-il avoué.
Cet engouement pour la course et sa détermination à poursuivre son rêve ont déjà fait de
Marc-Antoine, quatre ans plus tard, un sérieux espoir dans ce domaine méconnu de la
course dans le monde des enfants.
Un kart, c’est une formule 1 en miniature, résume son père. Marc-Antoine Cardin, qui ne
pourra avoir que son permis de conduire sur la route qu’à l’âge de 16 ans, comme tout le
monde, peut malgré tout pratiquer son sport en faisant partie d’un club de pilotage
privé et en coursant dans des circuits réservés aux jeunes.
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Marc-Antoine et son père Marc devant le mur de
trophées que le jeune pilote a remporté jusqu'ici, au cours de sa carrière. |
Lorsqu’il a eu son premier kart, la première année a été utilisée pour
apprivoiser son bolide, son père devenant ainsi son entraîneur privé. Il était prêt pour
l’année suivante alors qu’il a pris part à ses premières courses, dans la catégorie
cadet. Lors de ses premières courses, en 2005, il a tout de suite établi sa marque en
remportant la 2e place à la Coupe de Montréal, en plus d’avoir été élu meilleure recrue
de sa catégorie « cadet ».
L’année suivante, il a été également champion à la Coupe de Montréal, et en 2007, il a
été consacré champion à la Coupe de Montréal, vice-champion du Québec et vice-champion à
la Coupe VEGA.
Cette année, Marc-Antoine a accédé à la catégorie mini-max. Le numéro 55 – un chiffre
chanceux pour la famille, qu’il a choisi lui-même comme dossard – est devenu cet été
vice-champion (2e) de la Coupe Véga parmi la vingtaine de jeunes pilotes coursant de sa
catégorie. Cette fin de semaine, à l’occasion de la Coupe de Montréal, il a obtenu une
4e place, frôlant la 3e place d’un souffle.
L’année prochaine, il accédera à la catégorie Rotax JR.
Une entreprise familiale !
La passion de Marc-Antoine nécessite un investissement de la part de tous les membres de
la famille afin que le jeune pilote se concentre sur la conduite automobile, résume son
père.
Alors que ce dernier agit comme entraîneur, sa mère, elle, s’occupe des communications,
des communiqués de presse et de la photographie. Sa sœur de 13 ans, Catherine, est son
principal supporteur et accompagne la famille chaque fin de semaine. Même la grand-mère
de Marc-Antoine ajoute sa contribution en faisant du porte-à-porte pour amasser des
dons. « Ça prend une méchante discipline, souvent le week-end
finit le mardi ! » s’exclame son père. Au retour, les parents doivent en
effet entretenir le site Internet de Marc-Antoine (
www.macracing.ca ), écrire les
communiqués et les faire parvenir aux médias.
Le sport automobile nécessite un important investissement tant en énergie que financier.
Marc Cardin fait remarquer qu’il s’agit d’un milieu relativement aisé et jet set, sa
famille étant relativement modeste par rapport aux familles des autres jeunes pilotes.
D’une part, l’entraînement doit s’effectuer sur des pistes spécialisées qui n’existent
pas à Sorel-Tracy, lieu de résidence de la famille Cardin. Marc-Antoine fait donc partie
d’un club de Saint-Hilaire, où il s’entraîne. La saison des courses a lieu durant tout
l’été un peu partout au Québec – Saint-Hilaire, Thetford Mines, Saint-Roch-de-l’Achigan
et Mont-Joli, notamment. Le jeune pilote course pratiquement toutes les fins de semaine,
et ce, jusqu’à la fin septembre. Il y a donc des coûts relativement importants reliés
aux déplacements de la famille qui accompagne toujours Marc-Antoine.
Chaque course, qui comprend la qualification, la pré-finale et la finale, nécessite au
départ un set de pneus neufs, une dépense de 250 $ à elle seule. Les réparations du
kart, l’équipement du pilote et de nombreuses autres dépenses allongent la facture.
Même lorsqu’il gagne une course, les bourses sont modestes. L’année dernière, il a
remporté un montant de 300 $, à titre d’exemple.
Avec le temps, Marc Cardin a réalisé qu’il devait solliciter des commanditaires afin de
réaliser le rêve de son fils, car les besoins financiers du pilote augmenteront avec
l’âge.
Déjà, certains d’entre eux se sont manifestés positivement mais l’année prochaine, croit
M. Cardin, il faudra amasser un peu plus d’argent. En passant dans une catégorie
supérieure, Marc-Antoine devra notamment s’associer à un entraîneur particulier, son
père estimant lui avoir appris tout ce qu’il connaissait jusqu’à maintenant.
Déjà, la famille a tenu une soirée bénéfice à laquelle ont assisté plus de 400
personnes. La famille Cardin compte en faire un événement annuel, non seulement pour
amasser de l’argent, mais aussi pour faire connaître le jeune pilote dans son milieu.
Des leçons de vie
La course automobile entraîne des changements dans la routine quotidienne. Marc-Antoine,
élève de 6e année à l’école Laplume, a choisi le programme P.E.I.A (programme
d’enseignement intensif en anglais) afin de parfaire cette langue seconde.
« Ça va être utile pour mon métier », précise sérieusement
le jeune pilote.
Comme il doit souvent s’absenter le vendredi pour se rendre aux courses (en juin et en
septembre), il a pris entente avec son professeur pour qu’il puisse passer des contrôles
de leçon le jeudi ou le lundi suivant.
Mme Cardin, qui est enseignante à la même école, précise que malgré la passion de son
fils, l’éducation demeure une valeur importante de la famille.
Avec ses camarades, Marc-Antoine parle volontiers de course comme si c’était naturel, et
il ne se sent pas comme un objet de curiosité « Ça fait tellement
longtemps que j’en fais », laisse-t-il tomber. « Chacun a
son loisir particulier », conclut-il, rappelant qu’il avait aussi joué au hockey
durant deux ans, avant d’abandonner cette discipline au profit de la course automobile.
Le contrôle sur ses émotions fait également partie de l’éducation de Marc-Antoine, qui
doit apprendre à gérer les déceptions inhérentes au milieu de la course. Cet été,
raconte-t-il, il a été disqualifié d’une course – une décision injuste, croit-il. Le
premier réflexe de frustration a été de lancer son casque, mais il a su se retenir grâce
à la présence de ses parents qui lui ont fait comprendre que ce genre de mauvaise
expérience ne devait pas lui faire faire « des crises de vedette
». « Ça forme le caractère ! », admet le jeune homme qui a déjà acquis une
certaine maturité malgré son jeune âge et qui approuve ses parents après avoir vu
d’autres jeunes pilotes perdre le contrôle, ce qui lui a fait réaliser la futilité de
certains gestes.
Il faut dire que piloter un kart à 110-115 kilomètres à l’heure demande déjà une grande
concentration, et le contrôle de ses nerfs est vital : « Durant
les compétitions, j’embarque dans ma bulle et je ne pense qu’à mes lignes de course et
au prochain virage », précise Marc-Antoine, qui dit ne pas avoir trop le trac
avant une course.
Les parents ont-ils peur des accidents ? « Pas vraiment »,
répond Marc Cardin. Les accidents sont en général mineurs, et jusqu’à maintenant,
Marc-Antoine n’a écopé cet été que d’une douleur à la cheville. «
Ça se passe assez vite que je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. Mais ma mère filmait la
course, et on l’entend crier dans la vidéo ! », s’amuse-t-il à raconter. Son
équipement lui procure une bonne protection, ajoute M. Cardin.
Sa voiture préférée ? Une Ferrari, bien sûr ! Dans le style plus ordinaire, il avouera
marquer une préférence pour la Mustang GT.
Et chaque année, son pilote préféré de formule 1 change… À l’heure actuelle, il cite
Lewis Hamilton de l’écurie McLaren-Mercedes, vice-champion du monde 2007 en formule 1.
L’avenir
Il est clair dans la tête de Marc-Antoine qu’il deviendra lui-même un pilote de formule
1. Pour réaliser son rêve, lui et ses parents devront cependant encore faire beaucoup de
sacrifices. Et plus il va vieillir, plus les sacrifices seront grands, croit son père.
Vers 14 ou 15 ans, Marc-Antoine devra se rendre en Europe pour y faire un stage. Ça sera
une belle expérience pour le jeune homme.
Plus il vieillira, plus la compétition sera féroce, et les élus, peu nombreux.
Mais avec un tel talent, quels parents hésiteraient à se donner corps et âme pour
réaliser le rêve de leur fils ?